Aminata Kebe, responsable des droits de l'homme au Bureau régional des droits de l'homme des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest, a été au centre du plaidoyer de ce bureau pour protéger les droits des enfants qui mendient dans les rues des pays de cette région, en particulier pendant la pandémie de Covid-19.En Afrique de l'Ouest, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont recensé 12 991 cas d'infection par la Covid-19. En passant plus de temps dans la rue, ces enfants deviennent plus vulnérables au coronavirus. Aminata Kebe se bat pour les droits de ces enfants des rues (les Talibés) pendant la pandémie.
Que fait votre bureau pour protéger les droits des personnes pendant cette épidémie ?
Le Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest effectue un suivi complet de la situation des droits de l'homme dans la région dans le cadre de la Covid-19. En ce qui concerne les droits de l'enfant, le Bureau des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest, en partenariat avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, soutient les stratégies nationales visant à protéger les enfants vulnérables de la Covid-19 dans six pays d'Afrique de l'Ouest : Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Niger et Sénégal. En deux mois, plus de 1 500 enfants ont été retirés de la rue et réintégrés dans leur famille. Nous leur avons également fourni 1 200 kits « de dignité » comprenant des vêtements, des articles de toilette, des chaussures, des serviettes et des sacs de voyage.
Quels sont les principaux enjeux en matière de droits de l'homme dans votre région dans le cadre de la réponse à la Covid-19 ?
L'un des principaux défis est la protection des droits de l'enfant. En Afrique de l'Ouest, en particulier au Sénégal, la mendicité des enfants est très répandue, surtout ceux qui fréquentent certaines écoles coraniques. Dans le contexte de la pandémie, les enfants sont plus que jamais exposés au risque de contamination alors que la violation de leurs droits est plus exacerbée.
Nos partenaires de la société civile qui se sont rendus sur le terrain pour suivre la situation ont constaté que des enfants mal nourris vivaient dans des conditions inhumaines, sans eau ni assainissement au Sénégal.
En Gambie, les enfants étaient simplement abandonnés dans les rues par leurs marabouts, des hommes censés leur enseigner le Coran. De nombreux enfants ont été déportés des pays voisins du Niger et abandonnés à la frontière de ce pays.
En conséquence, le Bureau régional des droits de l’homme a augmenté son soutien à travers son Projet pour la protection des enfants victimes de violations des droits (PAPEV), qui est financé par l'Agence italienne de coopération au développement pour soutenir les enfants vulnérables. Nous continuons également à plaider, avec d'autres acteurs clés tels que l'UNICEF, pour que les gouvernements conçoivent une solution durable pour protéger les droits de ces enfants, ce qui nécessite une forte volonté politique.
Sources : Onu Info